Equité sociale

Le prix d’un café dans un pays riche, c’est avec ce montant quotidien que vit près d’une personne sur quatre dans le monde. A côté de cette extrême indigence, les ultra-riches ne sont qu’une poignée : 24 millions de personnes, soit 0,5 % de la population mondiale. Ils détiennent pourtant plus de 35 % de la richesse. Selon l’Observatoire des inégalités, si l’extrême pauvreté régresse au niveau mondial, les inégalités de revenus se creusent.

Comment justifier une telle concentration de la richesse ? Un petit détour par la théorie économique s’impose. Selon la doctrine utilitariste, qui a largement influencé les politiques publiques occidentales, on cherche à maximiser le bien-être global des membres de la société. Soit. Mais en ne tenant pas compte de la répartition des richesses entre les individus, l’utilitarisme peut justifier l'existence d'inégalités au sein d’une société, dès lors que le niveau de bien-être général est élevé. En clair, le bonheur du plus grand nombre vaut bien le sacrifice de quelques-uns. S’appuyant sur cette théorie, le néolibéralisme postule que le sort des plus défavorisés sera amélioré par la croissance économique et non par l’action de l’Etat. L’accroissement sans précédent des inégalités sociales en Chine, par exemple, permet d’en douter.

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Ils nous montrent la voie

Au Brésil, 11 millions de familles perçoivent une "bourse famille" d'un montant mensuel de 24 euros. Cette allocation est versée sous certaines conditions, par exemple l'obligation pour les enfants d'aller à l'école ou bien encore, pour les parents, de participer à des séances d'alphabétisation. Ce dispositif n'est pas dénué de critiques, cependant il a contribué, en quelques années, à sortir 24 millions de personnes de la grande pauvreté.

 



Repère

1 %

Selon le Crédit Suisse, les 1 % les plus riches de la planète possèderaient 44 % de la richesse et les 10 % les plus riches en détiendraient 83 %.

62 % du patrimoine monétaire mondial est détenu par l’Amérique du Nord et l’Europe tandis que 1% est détenu par l’Afrique.

21 ans : c’est l’écart moyen d’espérance de vie entre les pays les pays développés et les pays les plus pauvres en 2010. Cet écart peut être pire au sein d’une même société, y compris occidentale. Les habitants du district de Calton à Glasgow (GB) vivent en moyenne 28 ans de moins que leurs concitoyens de Lenzie, à quelques kilomètres.

Source : Observatoire des inégalités

Qu'en disent-ils ?

« Dans les pays occidentaux, l’évolution du capitalisme ces 30 dernières années a provoqué une considérable augmentation des inégalités. Elle a conduit à détacher encore plus le groupe des très riches du reste de la société. Ce groupe a acquis un pouvoir énorme, qui lui permet de contrôler les grands choix collectifs. »


Hervé KEMPF, journaliste et écrivain français

« Si la croissance économique est une aide précieuse pour améliorer les conditions de vie, sa portée dépend de ce que nous faisons de ces fruits. On ne peut pas parler de réussite éclatante de l’Inde dès lors qu’un grand nombre d’Indiens ne voient guère s’améliorer leur vie de déshérités ».


Amartya SEN, Prix Nobel d'économie en 1998

Pour en savoir plus

L'Observatoire des inégalités

Organisme indépendant, l’Observatoire des inégalités décrit et analyse le phénomène des inégalités, au niveau national et international.


Pas d'écologie sans équité sociale

Article in Le Courrier, 16 mai 2011

Quelle place pour la justice sociale dans le projet écologiste ? Selon le député suisse Raphaël Mahim, écologie et répartition des richesses sont inévitablement liés.


Déclaration de l'OIT

Déclaration de l'OIT sur la justice sociale pour une mondialisation équitable, adoptée le 10 juin 2008.


Livre

Hervé KEMPF, Comment les riches détruisent la planète, Editions du Seuil, 2007.


Biens mal acquis, à qui profite le crime?

CCFD-Terre Solidaire, juin 2009.

Ce rapport dénonce les détournements de fonds d’une trentaine de dictateurs. Il interroge le décalage entre l’ambition internationale de restitution de ces biens mal acquis et la coopération effective des Etats.