Gouvernance

Les crises que l’on connaît au niveau international trouvent en partie leur source dans l’incapacité de la communauté internationale à mobiliser les moyens financiers nécessaires pour remplir les objectifs visés (par exemple les Objectifs du Millénaire pour le Développement). Et aussi dans l’absence de volonté forte pour ratifier les conventions et les faire appliquer (30 à 40 mises en application sur 500 existantes). Les Etats ont, en grande partie, failli dans leurs engagements. On constate que :

  • d’une part, les institutions et les mécanismes actuels sont inadaptés pour résoudre les difficultés présentes ;
  • d’autre part, ces mêmes institutions sont incapables de s’adapter, dans les délais requis, aux évolutions rapides que connaissent nos sociétés.
Les organisations internationales n’ont pu, à ce jour, faire émerger une gouvernance mondiale. Toute tentative s’est trouvée confrontée aux intérêts des pays les plus influents et à ceux des entreprises multinationales. Ces acteurs n’acceptent pas de mesures contraignantes, assorties d’un système de sanctions, qui seraient imposés par une autorité supra-nationale.
 
L’échec du Sommet de Copenhague révèle le long chemin qu’il reste à parcourir pour trouver une forme de gouvernance capable de répondre aux enjeux actuels.. Tout en reconnaissant la nécessité de nouveaux modes de gouvernance, les Etats restent fortement attachés à la défense de leurs propres intérêts. Ils ont du mal à accepter la suprématie d’une autorité mondiale et d’un cadre international juridiquement contraignant, qui leur ferait perdre une partie de leur souveraineté nationale. Le système tout entier est paralysé, miné par les multiples conflits d’intérêts.
 
Et pourtant, le changement climatique par exemple prouve bien à quel point il est urgent que le bien commun de l’humanité prime sur des intérêts plus locaux. On ne peut se satisfaire de la défense d’intérêts nationaux quand l’avenir de la planète est menacé, et par là même la survie d’une large part de la population mondiale.
 
Les pays occidentaux, réunis au sein du G8, tentent d’imposer leur mode de gouvernance. Mais ce club des pays riches perd progressivement de l’influence au profit du G20 et des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), qui exercent une influence croissante sur la scène internationale. Cependant, d’autres régions du monde, et en particulier la plupart des pays d’Afrique sub-saharienne, restent marginalisés.
 
Les acteurs de la société civile dénoncent le manque de transparence dans le fonctionnement des instances internationales et elles revendiquent d’être associées de façon plus systématique aux prises de décision. Un nouveau dispositif de gouvernance internationale doit nécessairement intégrer la participation d’organisations dont les objectifs sont de défendre des intérêts supra nationaux  en termes de développement humain.
 
Au niveau des Etats, on constate un dysfonctionnement de l’action publique et la perte de légitimité des responsables politiques. La bonne gouvernance vise à rendre l’action publique plus efficace, au service du bien public et de l’intérêt général. Elle reconnaît la diversité des acteurs économiques et sociaux, dont des organismes qui représentent les citoyens.
 
Elle cherche à réduire le fossé entre les citoyens et les experts en favorisant l’accès à une information juste. Il est alors possible d’envisager une véritable concertation, qui conduise à des décisions plus légitimes.
 
L’Agenda 21, dont les principes ont été définis lors de la conférence de Rio en 1992, a favorisé des formes de gouvernance locale : les citoyens peuvent ainsi participer directement à l’élaboration d’un diagnostic de territoire, de plans d’actions, ou bien encore à la conduite d’une évaluation participative.
 
Les collectivités territoriales et les organisations de la société civile, qui conduisent des expériences de gouvernance locale riches et variées, peuvent contribuer au débat sur de nouvelles formes de gouvernance mondiale.
 
Une bonne gouvernance doit nécessairement prendre en considération toutes les étapes du temps : court terme, moyen terme, long terme. Il est indispensable de considérer le bien-être des générations futures. La gouvernance locale prend en compte de fait les exigences du développement durable.
 
 
 
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