Brésil

La Conférence des Nations unies sur le développement durable

Le Brésil sera le pays hôte de la Conférence des Nations unies sur le développement durable : RIO 2012, qui aura lieu en juin 2012, à Rio.
Cet événement se déroulera en plusieurs étapes :
  • du 13 au 15 juin : tenue de la "Prepcom", en préparation à la Conférence officielle
  • du 16 au 19 juin : journées thématiques qui rassembleront des experts ; elles s'articuleront autour de 8 sujets
  • du 20 au 22 juin : Conférence officielle avec les chefs d'Etat et de gouvernement
Deux manifestations importantes auront lieu, simultanément à la Conférence officielle :
  • le Sommet de la société civile
  • le Sommet des Peuples, organisé par les ONG brésiliennes
 

Rondon do Para, territoire amazonien

L’Association Environnement Ecologie d’Organabo de Guyane et Igapura s’intéressent à l’expérience conduite à Rondon do Para depuis 2007. La commune a élaboré un Agenda 21 en y associant fortement la population. Certains projets ont fait l’objet de reportages vidéo (voir « Brésil » dans la rubrique « Vidéos »).
 
Rondon do Para est une ville située à 530 km au sud de Belém, la capitale de l’Etat du Para, un Etat situé au nord du Brésil. Le Para est en territoire amazonien dont l’activité économique est très liée aux ressources de la forêt.
Les premiers habitants créent Rondon en 1969 à l’initiative de Camilo Viana, un des pionniers de l’écologie au Brésil. La ville compte aujourd’hui à peu près de 50.000 habitants pour un territoire de 8296 km². La densité de population est de 6,02 habitants par km².
 

Raréfaction de la forêt primaire

La zone connaît une forte exploitation des bois durs, bois qui sert à la fabrication de contre-plaqué et de produits de sciage. Une partie des rebuts de scierie sert à fabriquer du charbon de bois utilisé dans les aciéries. Les terres déforestées, qui représentent plus de 50% du territoire de Rondon, laissent place à l’élevage extensif.
La raréfaction de la forêt primaire a entraîné des difficultés économiques pour le secteur forestier. Cela a eu comme conséquence l’accroissement du chômage. Les responsables politiques ont commencé alors à diversifier les activités économiques ; il s’est ensuivi le développement de l’agriculture familiale et de l’artisanat. Ainsi l’activité de fabrication de petits meubles s’est développée, en utilisant des chutes de scierie en bois durs.
En plus de la disparition progressive de la forêt primaire et du développement de l’élevage extensif très destructeur pour le couvert végétal, Rondon doit faire face à deux autres types de difficultés : la production et le trafic de drogue, d’une part, l’inégale répartition des terres, qui crée une classe de « sans terre », d’autre part.
 

Elaboration de l’Agenda 21

A partir de 2002, la municipalité engage une démarche de développement durable. Et en 2003, un Agenda 21 local est élaboré. C’est sur cette base qu’une large consultation est lancée auprès de la population des dix quartiers de Rondon, afin d’élaborer un plan d’actions. 4000 personnes, soit 8 % de la population locale, ont participé, à un moment ou à un autre, au processus. Les syndicats, les organisations professionnelles ainsi que les associations se sont fortement engagés.
Des réunions sont organisées dans les dix quartiers (urbains et ruraux) de Rondon. Elles rassemblent plusieurs dizaines, voire centaines d’habitants. Deux réunions plénières, ouvertes à toute la population, ont déjà été organisées afin de mettre au point un plan d’actions. Au total, 1700 personnes ont participé à ces réunions.
Des réunions se sont tenues avec enseignants et élèves des écoles. Cela a débouché en particulier sur des actions en relation avec l’environnement (gestion de déchets).
 

Les actions engagées

L’Agenda 21 a permis de réaliser un ensemble d’actions. Parmi celles-ci, la création d’un Centre culturel, le lancement d’un programme de micro crédit, le soutien à des projets de reforestation et de préservation de la biodiversité.
L’Agenda 21 vise aussi l’amélioration des conditions de vie et de travail des travailleurs précaires et de leur famille. Il en est ainsi des charbonniers qui transforment les chutes de scierie en charbon de bois. Des accords ont été passés avec les propriétaires des unités de fabrication de charbon de bois à propos des salaires, du temps de travail et de l’interdiction de l’emploi des enfants en âge d’aller à l’école. De plus, les approvisionnements doivent impérativement provenir de scieries ou bien de coupes dans la forêt, coupes pour lesquelles des autorisations doivent être obtenues.
 

Le Centre de culture et de convivialité

La municipalité a créé ce Centre, qui offre un ensemble de services à la population : une salle informatique qui dispose de plusieurs postes de travail en accès libre, une petite bibliothèque, qui comprend notamment des ouvrages sur l’environnement, une radio communautaire, qui diffuse notamment toute information en rapport avec l’Agenda 21 local. Ce Centre est un lieu de ressources et de rencontres très fréquenté, en particulier par les jeunes.
 

Le programme de micro crédit

Ce programme a permis de créer de multiples activités économiques. En l’espace de vingt mois la « Banque du citadin » a délivré des prêts de 1500 reals en moyenne (600 euros) à 119 personnes. Le monta
Les femmes sont les bénéficiaires prioritaires. Les taux d’intérêt pratiqués sont très faibles. Et le début de la période de remboursement ne commence parfois que plusieurs mois, voire plusieurs années, après la date de versement du crédit. Cela permet aux créanciers de stabiliser leurs activités économiques et aussi d’investir dans des projets qui génèrent des revenus à plus long terme.
Il peut s’agir par exemple de projets de foresterie. Certaines conditions doivent être remplies pour obtenir un prêt. L’activité créée ne doit pas nuire à l’environnement. Les bénéficiaires doivent constituer des groupes de trois personnes solidaires entre elles. Ces conditions de prêt favorables peuvent être accordées grâce à une subvention de l’Etat du Para. Un remboursement avant les échéances prévues entraîne une baisse du taux d’intérêt.
 

Le soutien à des projets de foresterie

Le reboisement est un enjeu important tant sur le plan écologique que sur les plans social et économique. Outre la replantation sur des surfaces dégradées, il s’agit de diffuser de nouvelles méthodes de culture. A cette fin, le syndicat des travailleurs ruraux participe activement à l’Agenda 21. Le syndicat rassemble 132 membres.
Chaque producteur dispose en moyenne de 50 hectares. Une partie de l’exploitation est consacrée à la culture de fruits et légumes, une autre à la foresterie. De plus, l’élevage y est pratiqué ; il s’agit le plus souvent de vaches laitières. Et le reste de la superficie, souvent de la forêt primaire, est préservé. La chasse y est interdite ; la pêche, pratiquée sans excès.
 

Projet territorial

Afin de conduire des actions sur un territoire plus vaste, la municipalité collabore dans le cadre de l’Agenda 21 avec trois autres localités : Dom Eliseu, Figueiredo et Bom Jesus DO Tocantins. Le territoire de Bom Jesus abrite une réserve indienne qui compte 600 personnes de trois groupes culturels différents. Ces Amérindiens sont organisés en association afin de défendre leurs droits.
Les relations qu’ils entretiennent avec les autorités locales sont excellentes. Leur territoire, véritable réserve de biodiversité, est préservé de toute incursion ; il n’est d’ailleurs pas possible de s’y rendre sans autorisation spéciale.

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