Bilan de Rio+20

Le processus de Rio+20 a débouché sur l’adoption d’une déclaration politique qui réaffirme l’engagement de la communauté internationale pour le développement durable. Mais aucun engagement chiffré n’a été pris.

Quel bilan tirer de la conférence Rio+20 ?
 
Le document final de Rio+20 – L’avenir que nous voulons - est le résultat d’un long et difficile processus de négociation.
Le document final a été entériné par les représentants de 194 pays, dont 79 représentés par des chefs d’Etat ou de gouvernement. Peu de dirigeants de pays riches –à l’exception notable du Président français– ont participé à Rio+20. La crise financière que traversent de nombreux pays explique en partie l’absence de leurs dirigeants à Rio. Ceux-ci sont préoccupés par le redressement des économies de leurs pays et peu enclins à prendre des positions ambitieuses qui se traduiraient par des engagements financiers.
Pour de nombreux observateurs, le texte adopté est minimaliste, voire en régression par rapport à des orientations affirmées lors de conférences précédentes. Il s’agit de simples souhaits ; engagements financiers ou calendriers de réalisation en sont absents. En effet, chaque pays reste pleinement souverain ; il n’y a pas de droit de regard d’un Etat sur l’autre, même si le principe de responsabilité commune est affirmé…
 
Pour en savoir plus sur le bilan de Rio+20, document de 6 pages à télécharger :
Rio+20, de la déception aux nouveaux espoirs
 
 
 
Principaux résultats de la conférence de Rio+20
par Rachid FIRADI (Maroc)
 
Les consultations informelles menées par la présidence brésilienne ont été clôturées le mardi 19 juin 2012 par l’adoption du texte de la déclaration à l’unanimité.
Les Brésiliens ont réussi à faire converger les points de vue sur les questions clés de la négociation par le biais d’un texte de consensus minimum, qui constituera la feuille de route pour la mise en œuvre du développement durable durant les prochaines années.
Les principales décisions auxquelles a abouti la conférence se déclinent comme suit :
  • La Conférence réaffirme l’engagement de la communauté internationale envers le Développement Durable ;
  • Elle réaffirme également les principes de Rio, notamment le principe de la responsabilité commune mais différenciée.
Economie Verte
  • Dans le domaine de l’économie verte, les parties se sont accordées sur le fait que l’économie verte est un des outils importants pour atteindre les  objectifs de développement durable. Pour cela, la conférence, encourage les pays à mettre en œuvre des politiques d’économie verte dans le contexte du développement durable et de la lutte contre la pauvreté ;
  • Cette mise en œuvre devrait se faire en tenant compte des circonstances et priorités nationales. Néanmoins, elle ne doit pas induire de barrières injustifiées au commerce, être une conditionnalité au financement et à l’aide publique au développement (APD) ;
  • Le texte recommande également que les pays qui choisissent de mettre en œuvre des économies vertes  bénéficient d’une assistance technique et financière.
Cadre Institutionnel de Développement Durable
  • En ce qui concerne la gouvernance, les pays se sont accordés sur la nécessité de renforcer le Cadre Institutionnel de Développement Durable (CIDD), et ce, pour relever d’une manière efficace et cohérente les défis liés au développement durable ;
  • A ce propos, la conférence a décidé de mettre en place un forum politique intergouvernemental de haut niveau, qui capitalise sur le travail de la CDD et qui doit, entre autres, assurer le suivi de la mise en œuvre du développement durable et renforcer l’intégration de ces 3 piliers ;
  • Un processus intergouvernemental transparent et ouvert à toutes les parties devra être lancé sous l’égide de l’Assemblée Générale des Nations Unies (AGNU) pour définir la forme du forum, ses aspects organisationnels, dans la perspective de convenir de sa première réunion lors de la 68ème session de l’AGNU (Septembre 2013) ;
  • La Conférence reconnaît également la nécessité de renforcer le pilier   environnemental du développement durable. A ce propos, il a été recommandé de renforcer le PNUE en tant que principale autorité environnementale internationale ;
  • L’AGNU est invitée lors de sa 67ème session (septembre 2012) à adopter une résolution qui renforce le PNUE et le rehausse à travers, entre autres,  l’universalisation de sa composition (actuellement son conseil d’administration est composé de 58 pays) et l’augmentation de ses ressources.
Objectifs du Développement Durable (ODD)
  • Il a été décidé d’établir un processus intergouvernemental en vue de développer des ODD à faire adopter par l’AGNU. Un groupe de travail doit être mis en place avant la 67ème AGNU, qui comprend 30 membres nommés par les  groupes régionaux. Ce groupe devra travailler en étroite collaboration avec les experts, y compris ceux de la société civile et des Nations Unies et soumettre son rapport à la 68ème AGNU sur des propositions pour les ODD à prendre en considération pour une future action ;
  • Le processus de développement des ODD, doit prendre en considération les circonstances nationales, les priorités et les capacités des différents pays. Il doit être également en cohérence avec le processus post 2015 relatif aux Objectifs du Millénaire pour le Développement.   
Moyens de mise en œuvre
Financement
  • La Déclaration finale de la Conférence reconnaît la nécessité d’honorer les engagements pris par les pays développés en matière d’Aide Publique au Développement (APD) ;
  • Elle s’accorde également sur l’établissement d’un processus intergouvernemental, sous l’égide de l’AGNU, pour évaluer les besoins financiers en vue de préparer un rapport sur les options possibles pour une stratégie efficace de financement du Développement durable, qui facilite la mobilisation des ressources ;
  • Un comité intergouvernemental, comprenant 30 experts nommés par les  groupes régionaux  devra être mis en place pour la mise en œuvre de ce processus ; il devra conclure ses travaux en 2014 ;
  • Elle a mis l’accent également sur le rôle du secteur privé, la coopération Sud-Sud et triangulaire.
Technologie
  • En ce qui concerne la technologie, les parties se sont accordées à demander aux agences des Nations Unies d’identifier un mécanisme de facilitation qui promeut le développement, le transfert et la dissémination de la technologie. Il a été également demandé au Secrétaire Général des Nations Unies, d’identifiern sur la base des options identifiées, de faire des recommandations pour la mise en place d’un mécanisme de facilitation du transfert de technologie lors de la 67ème AGNU.


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